Célèbre vizir de la XVIIIe dynastie, Ouseramon exerça cette fonction à la suite de son père, Âhmosis Âamtjou, durant le règne conjoint d’Hatchepsout et de Thoutmosis III, puis sous celui, autonome, du jeune roi. Ce haut dignitaire est bien connu grâce à ses deux tombes situées dans la nécropole thébaine de Cheikh Abd el-Gournah (TT 61 et TT 131), et par de nombreux autres monuments et documents1. Il est, en outre, le seul vizir de la XVIIIe dynastie pour lequel la date exacte de sa nomination à ce poste – le 1er jour du 1er mois de la saison-akhet en l’an 5 de Thoutmosis III – est connue puisque mentionnée2 au verso du papyrus Turin Cat. 1878. Bien qu’il soit d’une grande importance historique et ait déjà été connu de Champollion2, ce texte n’a paradoxalement été que très peu étudié dans son ensemble3.

Depuis la première copie et traduction partielle par Pleyte et Rossi en 1869-1876 (le dessin occupe la première planche de leur ouvrage) (Pl. 1)4, les mentions du texte sont assez marginales. Une entrée existe dans le catalogue du musée de Turin de Fabretti, Rossi et Lanzone de 18825 ainsi que dans celui de Bellion de 19876. Il est répertorié dans les fiches manuscrites du Wörterbuch, au moins pour les entrées mTA et dhn(?)7. Quant aux transcriptions, les deux seules publiées sont dues à Helck8. Elles ont cependant été effectuées à partir de la copie de Pleyte et Rossi. Černý en a également réalisé une dans ses Notebooks9.

Helck10, en 1955, 1958 et 1961, et Dziobek, en 199811, ont proposé une traduction complète du texte, accompagnée de quelques commentaires. Enfin, Dorman fournit un bref commentaire historique du texte en 1988 dans son ouvrage consacré à Senenmout, ainsi que, quelques années plus tard, au sein de l’ouvrage collectif dédié au règne de Thoutmosis III paru en 200612. À l’exception des travaux précédemment cités, les autres traces de ce texte dans la littérature égyptologique se limitent à quelques citations13.

Le service de la collection des papyrus de la Fondazione Museo delle Antichità Egizie di Torino a, pour sa part, réalisé en novembre 2017 les seules images numérisées du papyrus existantes à ce jour (Fig. 2)14. Ces dernières ont permis la réalisation d’un fac-similé fiable, au moyen du logiciel Adobe Photoshop (Fig. 3)15, ainsi que la résolution de plusieurs problèmes paléographiques. La signification globale du texte s’en trouve améliorée bien que plusieurs passages demeurent assez obscurs. De façon plus générale, ce texte est singulier et demeure sans véritable parallèle dans la documentation égyptienne connue.

1. Présentation, description et étude préliminaire de l’ensemble CGT 54018 ro et vo

Le papyrus Turin Cat. 1878 est conservé dans la collection du Museo Egizio de Turin depuis 1824. Il appartient à un ensemble de fragments regroupés sous le numéro CGT 54018 (= Turin Cat. 1878 + Cat. 202716 + Cat. 1968/002 + Cat. 1890 + quatre fragments a-d sans numéro ; Pls. 2-5). Cet ensemble est constitué de deux grands fragments principaux et de trois petits morceaux (frag. b-d). Le grand fragment principal no 1 (33,6 cm de long sur 20 cm de haut) rassemble la partie sans numéro a, le fragment Cat. 1878 ainsi que deux morceaux plus petits et sans numéro (frag. b-c), ne se raccordant pas directement avec le grand fragment no 117. Les numéros Cat. 2027 + Cat. 1968/002 + Cat. 1890 forment le grand fragment principal no 2 (42,4 cm de longueur sur 20 cm de hauteur) auxquels il faut ajouter le troisième petit morceau (frag. d) qui leur est discontinu (6,1 cm de hauteur sur 1,8 cm de largeur). L’ensemble de ces pièces sont très probablement issues de la collection de Drovetti18. Bien que nous ne connaissions pas le lieu exact de leur découverte, Deir al-Medineh est l’hypothèse la plus vraisemblable.

1.1. Description

Les fragments de papyrus appartenant au CGT 54018 ro (= Turin Cat. 1878 ro + Cat. 2027 ro + Cat. 1968/002 ro + Cat. 1890 ro + les quatre fragments a-d sans numéro) mentionnent l’un des exemples connus du Grand Hymne à Hâpi (strophes II,5-XIV,10 et colophon ; Pls. 2, 4) et sont datés de la première moitié de la XXe dynastie19. La notice du Lexikon der Ägyptologie consacrée aux papyrus de Turin est la première à avoir mis en relation ces fragments avec le document relatant la nomination présente au verso20, et les images numérisées recto et verso du papyrus confirment ce lien : le recto du pap. Turin Cat. 1878 I,1-10-II,1-10 comporte les strophes II,5-IX,8 du Grand Hymne à Hâpi, et le texte de la nomination d’Ouseramon est écrit au verso.

Le verso de l’ensemble CGT 54018 (= Turin Cat. 1878 vo + Cat. 2027 vo + Cat. 1968/002 vo + Cat. 1890 vo + les quatre fragments a-d sans numéro ; Pls. 3, 5), quant à lui, contient au moins cinq textes inscrits à l’encre noire, et cela par cinq scribes différents.

Le texte no 1 (= frag. a.1 – inédit ; 13 cm de hauteur sur une longueur conservée de 6 cm) est écrit sur la partie droite du fragment principal no 1, d’une écriture ferme et maîtrisée. Notons qu’il est disposé dans le sens inverse par rapport aux textes nos 2-5.3 Après un premier examen visuel à partir des images numérisées, ce texte fragmentaire pourrait être funéraire, rituel, hymnique ou médico-magique. Mentionnons enfin que la partie conservée du texte n’est ni rubriquée ni versifiée.

Le texte no 2 (= frag. a.2 – inédit ; 4,4 cm de hauteur sur 8,4 m de longueur) a été rédigé en haut de la partie centrale du fragment, d’une écriture rapide et de petites dimensions. La paléographie permet une datation ramesside. Il s’agit d’un texte comptable de trois lignes mentionnant « l’an 1, 2e mois de la saison-chémou, 16e jour » d’un souverain anonyme, ainsi que la quantité considérable de 290 (ou 390 ?) dében de cuivre.

Le texte no 3, relatif au vizir Ouseramon (= pap. Turin Cat. 1878 ; 20 cm de long sur 15 cm de haut), se répartit du centre vers la partie gauche du fragment principal no 1. Il a été tracé par un scribe d’une écriture ample et rapide. La paléographie est ramesside (début XXe dynastie, voir infra § 4.2) et le texte n’est ni rubriqué ni versifié.

Neuf lignes fragmentaires sont conservées. L’interruption du texte à gauche étant très nette, d’autres morceaux de ce document pourraient ainsi être présents dans les réserves du musée de Turin, dont le raccord aujourd’hui manquant ; hypothèse renforcée par le fait que la suite du rouleau de papyrus est conservée (frag. b-c + Cat. 2027 vo + Cat. 1968/002 vo + Cat. 1890 vo + frag. d ; Pls. 3, 5). Il est également à noter que, depuis le relevé réalisé par Pleyte et Rossi au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, l’extrémité gauche du papyrus s’est dégradée, faisant ainsi disparaître les signes de la fin du cartouche de Thoutmosis III (Pls. 1, 3 et Fig. 2).

Bien que le document soit fragmentaire, et en supposant que le texte complet ne se poursuivait pas au-delà de ces neuf lignes, d’après nos calculs sur la base de la taille des signes ainsi que sur l’emplacement du texte no 4, nous pouvons estimer qu’environ 70 % du texte original est conservé et que les restitutions suggérées couvrent à peu près 15-20 %. Par conséquent, près de 85-90 % du texte original est actuellement exploitable et environ 10-15 % serait encore totalement inconnu (Pl. 5).

Les apparentes traces d’un texte palimpseste écrit à l’encre noir et rouge, visibles sur les images numérisées, appartiennent en réalité au Grand Hymne à Hâpi inscrit sur le recto, le feuillet de papyrus étant particulièrement fin et transparent ; les seules traces réelles de palimpseste se situent à gauche au-dessus du texte21.

Le texte no 4 (= frag. c et b + pap. Turin Cat. 2027 vo I – inédit) est consigné sur les deux petits fragments mentionnés plus haut (frag. c et b : 3,6 et 7 cm de hauteur) et se poursuit sur le pap. Turin Cat. 2027 vo I qui est le début du grand fragment no 2 (8,4 cm de longueur sur 15,6 cm de hauteur). Il a été tracé par un scribe d’une écriture ample et rapide. Un seul point de versification est actuellement perceptible à la ligne sept. La nature exacte de ce texte littéraire n’a pas encore été établie.

Enfin, le texte no 5 (= pap. Turin Cat. 2027 vo II + Cat. 1968/002 vo + Cat. 1890 vo I-II + frag. d – inédit) est inscrit sur la suite du grand fragment no 2 (33 cm de longueur sur 16,7 cm de hauteur) ainsi que sur le troisième petit morceau (frag. d). Ils comporteraient un passage d’un texte littéraire versifié, peut-être l’Enseignement fait par le scribe Chéty fils de Douaouf pour son fils Pépy (aussi appelé Satire des Métiers) selon l’identification de Roccati22. Toutefois, après vérification du texte d’après les images numérisées et en comparant avec les différentes versions de l’Enseignement de Chety23, le texte ne semble pas appartenir à cette oeuvre.

Il est à noter que le dessin d’une partie du fragment Cat. 1968/002 vo ainsi que quelques commentaires du texte sont présents dans l’ouvrage de Pleyte et Rossi24. Il s’agit, pour eux, d’un fragment d’hymne daté de la XXe dynastie. De plus, une fiche manuscrite du Wörterbuch nous fournit une transcription de ce même passage, identifié comme étant un texte littéraire du Nouvel Empire25. Ces deux travaux n’apportent pas, cependant, de plus amples renseignements concernant l’identification précise de la nature de cette production littéraire.

À notre connaissance, les textes nos 1, 2 et 4 ne sont pas mentionnés dans la littérature égyptologique, et aucun rapport n’a donc été établi avec le fragment de papyrus numéroté Cat. 1878. De plus, la reconnaissance4 du texte comptable (texte no 2 = frag. a.2) permet de comprendre l’origine des quelques signes apparaissant hors du texte relatif à Ouseramon sur la planche de Pleyte et Rossi26, et qui appartiennent donc à cette inscription (Pl. 1 et Figs. 1ab, 2).

Détail du papyrus Turin CGT 54018 vo, frag. a.2 (texte no 2).a : Image numérisée : Museo Egizio.b : Dessin tiré de Pleyte et Rossi, Les papyrus hiératiques de Turin, II, 18691876, pl. I.

Cette constatation nous révèle également qu’à leur époque, le papyrus n’était pas recollé tel qu’il l’est actuellement (Pl. 5).

1.2. Étude préliminaire

Notre étude préliminaire de l’ensemble des fragments du volumen CGT 54018 apporte quelques premiers éléments de réponse concernant la matérialité de même que l’histoire du manuscrit tout en proposant plusieurs hypothèses et perspectives de recherche27 (Pls. 4-5).

Signalons que cet examen n’a pu être effectué uniquement qu’à partir des images numérisées aimablement communiquées par le service de la collection des papyrus de la Fondazione du Museo Egizio de Turin. Certains aspects restent donc de ce fait délicats à appréhender en l’état actuel de conservation globale de l’objet ainsi qu’en raison des nombreuses données demeurant, pour le moment, partielles ou imprécises étant donné que le document n’a pas encore été étudié dans sa totalité de manière approfondie.

Tout d’abord, d’après l’observation visuelle des fragments ainsi que de la définition matérielle des deux faces d’un rouleau de papyrus et de leurs propriétés comme supports de textes28, il appert que les appellations « recto » et « verso » attribuées antérieurement correspondent au recto et verso réel du papyrus.

Deuxièmement, les mesures de l’objet de même que notre cartographie de la distribution des textes nous fournissent de précieux renseignements concernant l’assemblage des différents fragments conservés ainsi que sur la restitution de cette portion du rouleau dans son état d’origine.

Étant donné qu’un long morceau continu du feuillet original est conservé sur le grand fragment numéroté Cat. 1878 + frag. a.1-2, nous estimons – d’après nos calculs fondés sur la longueur de la section de l’Hymne inscrite sur cette portion –, que la longueur totale de ce feuillet était d’environ 32 cm. En appliquant de manière théorique cette donnée à l’ensemble CGT 54018, chacun des feuillets de ce volumen devait de ce fait mesurer autour d’une trentaine de centimètres de longueur. De plus, la hauteur totale étant conservée à plusieurs endroits, nous sommes en mesure d’affirmer que les feuillets ont une hauteur de 20 cm (soit 0,38 coudée = 2,67 mains). Cette mesure, correspondant au demi-rouleau5 (half-roll), était celle couramment utilisée tout au long de l’époque ramesside29.

Dans le cas présent où la longueur des feuillets de notre papyrus est estimée à 30-32 cm (soit 0,57-0,61 coudée = 4-4,27 mains) et en prenant en considération le fait qu’un volumen comportait généralement vingt feuillets30, le support de communication étudié ici devait alors au moins mesurer au total entre 6 et 6,40 m de long (soit 11,43-12,19 coudées = 80-85,33 mains) lors de sa sortie de l’atelier de production.

Par ailleurs, d’après la continuité des sections du texte de l’Hymne à Hâpi inscrit sur l’ensemble du recto ainsi que l’estimation de la longueur des feuillets, il nous est alors possible de déterminer les distances entre chacun des fragments conservés. De plus, puisque deux joints de fabrication (ou kollêseis) sont préservés, nous possédons donc nécessairement les portions d’au moins trois feuillets. Le remontage numérique que nous proposons met en évidence que l’ajout d’un feuillet supplémentaire s’impose en dépit du fait que le joint entre les feuillets x +2 et x +3 n’a pas encore été retrouvé (Pl. 4). Nous possédons donc actuellement les bribes de quatre feuillets de ce volumen.

D’après notre cartographie de la distribution du Grand Hymne rédigé sur ce papyrus (Pl. 4), le titre et les strophes I,1-II,4 (début) devaient, à l’origine, être présents sur un feuillet supplémentaire. Celui-ci est à insérer à la droite du grand fragment no 1. L’intégralité de cette oeuvre littéraire était donc très vraisemblablement inscrite sur le recto de l’ensemble CGT 54018 et cela sur cinq feuillets complets, ce qui équivaut à 25 % de la totalité du recto de ce rouleau de papyrus. De ce fait, l’Hymne devait s’étendre sur une longueur totale d’environ 1,50 à 1,60 m, dont 86 cm sont actuellement partiellement conservés. Ceci étant dit, remarquons que nous ne connaissons pas l’état dans lequel était le rouleau orignal – neuf ou déjà usagé –, et donc la longueur effective de l’objet lorsque le scribe y a inscrit la composition littéraire dédiée au fleuve égyptien.

Troisièmement, l’ensemble CGT 54018 présente une certaine hétérogénéité textuelle en contenant au moins six textes, dont cinq ont été assemblés au verso. Sur cette face-ci, un texte comptable (texte no 2) est entouré d’un écrit à caractère hymnique, funéraire ou médico-magique (texte no 1) ainsi que de trois textes littéraires (nos 3, 4, 5). La version du Grand Hymne à Hâpi occupe, quant à elle, tout le recto de cette portion du rouleau de papyrus. Cet arrangement montre donc une prédominance d’oeuvres littéraires rédigées par plusieurs scribes31.

Un soin particulier a été apporté à la disposition de l’Hymne à la Crue puisque les kollêseis ne sont pas inscrites. De plus, chaque feuillet ne comporte qu’une seule colonne de texte écrit horizontalement. En revanche, la production littéraire no 5 du verso ainsi que la Nomination d’Ouseramon (texte no 3 du verso) ne respectent pas cette organisation élaborée puisque les textes recouvrent totalement les jointures. Nous ne savons pas s’il en est de même ou non pour les oeuvres littéraires nos 1 et 4 du verso étant donné que les kollêseis ne sont pas conservées sur les fragments relatifs à ces textes.

Enfin en quatrième et dernier point, évoquons rapidement la question de l’amplitude temporelle de l’utilisation du manuscrit, au moins comme support d’écriture.

La portion du volumen de papyrus étudiée ici contient six textes inscrits, à première vue, par six scribes distincts et cela au cours de la période ramesside. Le support de communication dont il est question a donc été réutilisé à de nombreuses reprises comme support d’écriture pluripersonnel et éventuellement aussi comme outil de lecture.

Le volumen pourrait avoir été fabriqué à la toute fin de la XIXe ou au début de la XXe dynastie puis avoir été utilisé pendant tout ou partie de la première moitié de cette période, soit pendant 60 voire 70 ans32. Au premier abord, cette estimation ne paraît pas excessive compte tenu du fait que ce matériau est souple, léger et résistant. De plus, il n’est pas exclu que ce rouleau ait perduré comme support de lecture au-delà de cette époque.

Nous achevons ici notre analyse préliminaire des fragments du papyrus CGT 54018 dans leur ensemble, laissant le soin à de futurs travaux de confronter ainsi que de compléter nos hypothèses. La suite de notre étude se concentre à présent exclusivement sur le texte de la Nomination du vizir Ouseramon (pap. Turin Cat. 1878 vo).6

2. Traduction du papyrus Turin Cat. 1878 vo, l. 1-9

Pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 1-9. Image numérisée : Museo Egizio.

Fac-similé du pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 1-9. Fac-similé de l’auteur à partir de l’image numérisée communiquée par le Museo Egizio.

Transcription hiéroglyphique du pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 1-9. Réalisée avec l’éditeur de textes JSesh (version 6.5.5 [2015]), développé par S. Rosmorduc (http://jsesh.qenherkhopeshef.org/fr).

1&nbsp;1A.t-sp 5 Abd 1 Ax.t sw 1 xr Hm (ny) nsw.t-bjty (Mn-xpr-Ra)| sA [Ra] (9Hwty-[ms)| a.w.s.]. 2&nbsp;0rw pn (ny) bs sS xtm-nTr Wsr-Jmn n(y) pr-Jmn m-bAH Hm=f a.[w.s.]. [9d~jn Hm=f&nbsp;: «&nbsp;jb=j] 3&nbsp;hn (r) Wsr-Jmn r-aA.t. MTA wr n rnp[.wt r tAy m-Dr fx.t=f&nbsp;?] 4&nbsp;30 n(y) rnp.t tAy Pr-aA a.w.s. pAy=j nb nfr. Onw tw nA [ny rnp.wt …] 5&nbsp;Jr{r}=j tA jAw.t n pAy=k jt gr.&nbsp;» Jr TAty sS [… aA-mTw (&nbsp;?) Dd=f : «&nbsp;…] 6&nbsp;Gm=tw=f m s pw Ddt jr.t<=f> mH(w) m xn.w […]. [Wsr-Jmn] 7&nbsp;pw rn=f m mAa.t. 8d(w) HD m HAw n(y) nbw […] 8&nbsp;=tw r HD pw <m> gAw n(y) nbw jw nsw.t (Hr) xw [Km.t]. [… XnXn=k nb tA.wy jw 1r] 9&nbsp;m pr=f r jty jw nsw.t m aH=f ntk HAty [n(y) nb a.w.s. sDm.wy 1r jr.ty jty …].7

1&nbsp;An 5, 1er mois de la saison-akhet, 1er joura, sous la majesté du roi de Haute et Basse-Égypte (Menkheperrê)| le fils de [Rê] (Thout[mosis)| v.s.f.]. 2&nbsp;En ce jour de l’initiationb du scribe du sceau divinc Ouseramon du domaine d’Amon au-devant de Sa Majesté v.[s.f.]. [Sa Majesté a dit&nbsp;: «&nbsp;[J’]approuve grandement 3&nbsp;Ouseramond. Le phallus, [depuis] combien de temps [a-t-il été défait&nbsp;?e] 4&nbsp;Cela fait 30 ans, ô Pharaon v.s.f. mon maître parfaitf. Nombreuses sont [les années …]. 5&nbsp;Déjà sous ton père, j’ai exercé la fonction&nbsp;». Quant au vizir, scribe [… Âamtjou (&nbsp;?), il dit&nbsp;: «&nbsp;…] g 6&nbsp;c’est comme un hommeh au regard perçanti et aux discours élégantsj qu’on le considère […]. [Ouseramonk] 7&nbsp;est son nom en vérité. (C’est quelqu’un) qui accorde constamment de l’argent en plus de l’or (/en excès par rapport à l’or) […]. [C’est] 8&nbsp;vers l’argent qu’il faut [se tourner (/aller)] en l’absence de l’or (/quand l’or manque) lorsque le roi protège [l’Égypte …]l. [Alors que l’Horus] 9&nbsp;est dans sa demeure, (y) étant souverain, et que le roi est dans son palais [tu t’approches du Maître du Double-Paysm] (puisque) tu es le coeur [du Maître v.s.f., les (deux) oreilles d’Horus, les (deux) yeux du souverainn …]&nbsp;».

Commentaires de traduction

a: Gauthier enregistre une autre date, toutefois avec une certaine réserve&nbsp;: «&nbsp;An 5 (?), 1er mois (?) de la saison-chemou (?), 1er jour&nbsp;» (HA.t-sp 5 tpy Smw sw 1), et n’est pas certain de la mention «&nbsp;an 5&nbsp;»33.

b: Helck transcrit par deux fois, sTA «&nbsp;introduire&nbsp;»34, peut-être par effet de contamination avec la Nomination du vizir35. Cependant, Pleyte et Černý transcrivent ce passage bs «&nbsp;initier, introduire&nbsp;»36 (voir infra, § 3.3.1).

c: Ouseramon n’est désigné par ce titre de «&nbsp;scribe du sceau divin&nbsp;» qu’à trois autres reprises&nbsp;: deux fois dans sa tombe TT&nbsp;131 ainsi que sur le cône funéraire Davies-Macadam 37037.

d: Litt. «&nbsp;[Mon coeur] est très penché (vers) Ouseramon&nbsp;», en suivant la restitution proposée par Helck38. Dziobek39 translitère hAnA «&nbsp;daß doch&nbsp;» et renvoie, à notre avis à tort, au Wb II, 481, 7. Černý translitère [d]hn «&nbsp;promouvoir, désigner, nommer, mettre en place&nbsp;» et renvoie au Wb V, 479, 10-11.

e: Helck restitue un pw dans la lacune. Or, d’après le type de formulation, il serait davantage plausible de restituer r tAy, comme le fait Černý40.

La compréhension générale de la ligne 3 est nettement débattue. Le problème repose avant tout sur la différence de lecture d’un seul signe, qui plus est, partiellement en lacune due au fait que le papyrus est détérioré à cet endroit, ainsi que sur la graphie litigieuse d’un mot.

En se fondant uniquement sur le dessin de Rossi, Quack exprime d’importants doutes quant à la proposition de traduction et donc la compréhension de cette phrase par Helck et, au final, la rejette totalement. Étant donné qu’il discerne le signe hiératique de l’oeuf, typique de la marque de la filiation, à la place de la préposition r transcrite par Helck, il considère qu’il faut lire&nbsp;: «&nbsp;[…] d’accord (avec)/approuver Ouseramon, fils d’Âhmose (i.e. Âamtjou), combien d’années […]&nbsp;?&nbsp;»41 (Figs. 5c, 6c). Il estime donc que le nom d’Ouseramon est directement suivi par le nom de son père, prénommé Âamtjou. Il juge que c’est un nom asiatique, et que, dans ce papyrus, il serait écrit sous une forme pseudo-étymologique, comme s’il s’était appelé en égyptien aA mTA, «&nbsp;avec un grand phallus&nbsp;»42. Ainsi, pour Quack, ce document n’atteste pas de la pratique de la circoncision, corrélée de plus à un critère d’âge ainsi qu’à un acte rituel dans le cadre d’une nomination, et doit donc être retiré du corpus documentaire attestant de cet usage.

Au final, il s’agit donc de déterminer à qui appartient, en réalité, ce mTA&nbsp;? Le mot se réfère-t-il au membre viril d’Ouseramon ou bien alors à celui de son père Âamtjou&nbsp;?

Grâce à l’image numérisée et au fac-similé réalisé à partir de celle-ci, nous observons, d’une part, que le ductus correspond davantage au signe hiératique Möller II, 91 (r) qu’à celui de Möller II, 238 (l’oeuf) (Figs. 5ab, 6ab)43. D’autre part, d’après le tableau paléographique présenté en annexe de cet article, ce qu’il reste du signe litigieux est semblable aux extrémités gauches des occurrences des signes r tracés aux lignes 1, 5 (2), 8 et 9 (voir Annexe 1). Au demeurant, remarquons que Černý a également transcrit le signe hiératique problématique par r dans le relevé du texte qu’il a effectué d’après le papyrus original lors de l’une de ses visites au musée de Turin44.8

Image numérisée, fac-similé et dessin du pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 3.a&nbsp;: Image numérisée&nbsp;: Museo Egizio.b&nbsp;: Fac-similé de l’auteur à partir de l’image numérisée communiquée par le Museo Egizio.c&nbsp;: Dessin tiré de Pleyte et Rossi, Les papyrus hiératiques de Turin, II, 1869-1876, pl. I.

Détail du signe problématique du pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 3 (image numérisée, fac-similé et dessin).a&nbsp;: Image numérisée&nbsp;: Museo Egizio.b&nbsp;: Fac-similé de l’auteur à partir de l’image numérisée communiquée par le Museo Egizio.c&nbsp;: Dessin tiré de Pleyte et Rossi, Les papyrus hiératiques de Turin, II, 1869-1876, pl. I.

De plus, ce n’est pas aA qui est écrit, mais bien aA.t.45 Même si l’ajout d’un t «&nbsp;remplisseur d’espace&nbsp;» est une pratique courante au sein de la production textuelle hiératique égyptienne, nous ne pouvons pas pour autant, en revanche, totalement négliger la présence de ce signe.

Puisque le rédacteur semble avoir porté une attention particulière à l’élaboration de ce supposé nom propre sous une forme pseudo-étymologique afin de produire un effet de style recherché, tant graphiquement que du point de vue du sens, pourquoi aurait-il, dans ces conditions, tracé ce signe t totalement9 superflu, et ce d’autant plus qu’aucun autre t ayant cette fonction n’est présent dans le texte&nbsp;?

Faut-il alors considérer que ce t n’est pas un simple «&nbsp;remplisseur d’espace&nbsp;»&nbsp;? Dans ce cas, l’explication para-étymologique translittérée ne rend pas avec exactitude la proposition égyptienne.

En revanche, l’expression adverbiale r-aA.t-(wr.t) «&nbsp;grandement, considérablement, extrêmement, dans une large mesure, à un degré élevé&nbsp;» est, quant à elle, bien attestée dans la documentation égyptienne46. C’est d’ailleurs dans ce sens-là que les rédacteurs du Wörterbuch ont compris le passage problématique de notre papyrus puisqu’ils citent ce document dans leurs sources illustrant l’expression r-aA.t47.

Par ailleurs, en admettant l’hypothèse de Quack, nous pouvons nous demander pourquoi une telle graphie pseudo-étymologique, non attestée dans la documentation concernant Âamtjou, aurait été utilisée ici, et cela même plusieurs siècles après le floruit de ce vizir. En effet, pourquoi les scribes du début de la XXe dynastie auraient créé de toute pièce cette graphie alors que le nom du père d’Ouseramon, patriarche d’une véritable dynastie vizirale sur trois générations durant la première partie de la XVIIIe dynastie, était à n’en pas douter encore très présent dans la mémoire collective de l’élite thébaine ramesside&nbsp;?

De plus, notre texte s’inspire en partie directement de celui de la Nomination gravé dans la tombe d’Ouseramon (TT&nbsp;131) (voir infra § 4.3). Or, dans l’espace architectural de sa sépulture, cette oeuvre est précisément immédiatement suivie par l’Enseignement d’Âamtjou, toutes deux étant gravées sur le même mur. En outre, à la fois dans la représentation iconographique de la Nomination de même que dans celle de l’Enseignement d’Âamtjou, le père d’Ouseramon est représenté grandeur nature en tant que vizir en titre et affublé des attributs vestimentaires propres à sa fonction (voir infra § 3.1). D’une manière plus générale, son nom est inscrit à plusieurs reprises dans la tombe de son fils48.

N’oublions pas, de surcroît, que, malgré l’état actuellement très dégradé de sa tombe, Âamtjou possédait l’une des plus imposantes sépultures situées sur les hauteurs de la colline de la nécropole de Cheikh Abd el-Gournah (TT&nbsp;83). La monumentale façade à pilier de son complexe funéraire était notamment particulièrement distincte dans le paysage architectural de la nécropole thébaine49.

Les scribes de l’époque ramesside avaient de ce fait pleinement accès à la graphie originelle du nom du père de notre vizir. Aucun obstacle technique ni mémoriel ne semble donc avoir pu les restreindre. Par conséquent, ils n’avaient, à priori, aucune raison particulière de recourir à une pseudo-étymologie pour le nom Âamtjou si telle avait été leur intention de le mentionner à la troisième ligne de notre texte. Du reste, remarquons que seul le nom d’Âamtjou aurait été orthographié de manière inhabituelle, et non pas également celui d’Ouseramon, son fils, héritier et successeur.

Enfin, du point de vue du sens, si le nom du père d’Ouseramon est effectivement mentionné ici, pourquoi le serait-il à travers l’idée d’être affublé d’un grand/gros membre viril&nbsp;: «&nbsp;Ouseramon fils de “c’est considérable&nbsp;: (son) phallus”&nbsp;»&nbsp;? Que signifierait cette allusion&nbsp;? Serait-elle employée dans le but d’exalter la puissance d’Âamtjou, le vizir en titre&nbsp;? Même au sein d’une élaboration littéraire, tout aussi singulière soit-elle, l’évocation de cette qualité et cette démonstration de force au moyen d’une telle tournure nous paraît quelque peut curieuse, d’autant plus qu’elle ne semble pas avoir de lien direct avec l’ensemble du texte. Au demeurant, si l’objectif avait effectivement été d’insister sur la puissance qu’il détenait grâce à sa fonction, nous nous attendrions alors à ce que son nom fût, en plus, précédé de son titre de vizir. Tant phonétiquement que sémantiquement, l’expression aurait eu bien plus d’impact auprès de l’auditoire ramesside si elle avait été la suivante&nbsp;: *«&nbsp;Ouseramon fils du vizir Âamtjou (i.e. “c’est considérable&nbsp;: (son) phallus”)&nbsp;»50.

Un autre problème, graphique cette fois, subsiste encore quant à la lecture de l’ensemble de cette phrase. En effet, Quack fait pertinemment remarquer que, dans sa compréhension du passage, Helck a omis la difficulté posée par le déterminatif de l’homme assis (Gardiner A1) accolé au mot qu’il considère comme étant mTA «&nbsp;phallus, membre masculin&nbsp;». Il ne s’agit pourtant pas du déterminatif habituel répertorié dans le Wörterbuch ni dans les autres dictionnaires et lexiques pour ce mot51, et en l’occurrence, la graphie de ce terme controversé a toute son importance au sein de ce débat. D’autre part, l’anthroponyme Âamtjou est-il attesté avec cette graphie particulière10 dans d’autres documents égyptiens&nbsp;?

À notre connaissance, une seule autre occurrence du prénom Âamtjou présentant une graphie identique à notre séquence problématique est répertoriée sur la quatrième ligne du verso de l’ostracon BM 5672 + O. CGC 25649. Il s’agit d’un ouvrier de Deir al-Medineh ayant vécu sous Ramsès IX, donc postérieurement à la rédaction de notre papyrus52. Schneider différencie toutefois ce nom de personne de celui du vizir Âamtjou. En raison du déterminatif (D53), il pense qu’il existait probablement un surnom égyptien vulgaire aA-m-TA «&nbsp;avec un gros phallus&nbsp;». Du point de vue du sens, il rapproche également ce sobriquet avec d’autres expressions de plusieurs dialectes proche-orientaux appartenant au même champ sémantique53.

Concernant la présence du déterminatif inhabituel de l’homme assis (Gardiner A1) dans la graphie du mot mTA, le texte de l’ostracon CGC 25209 (période ramesside) est tout à fait intéressant à ce propos54. Il s’agit d’un hymne à Osiris dans lequel le dieu est qualifié de «&nbsp;momie au long phallus&nbsp;» (saH Aw mTA). Selon le texte hiératique et la transcription d’Erman, qui est la seule existante à ce jour, le mot mTA est doublement déterminé, à la fois par le signe du phallus (Gardiner D53) ainsi que par celui du divin (dieu assis, Gardiner D40)55. Le même couple de déterminatifs est également présent dans le papyrus mythologique du Delta (début de l’époque saïte, vraisemblablement règne de Psammétique Ier)56. Ainsi, à l’instar de la graphie de mTA désignant le phallus divin d’Osiris, l’orthographe de mTA dans notre papyrus pourrait dès lors déterminer le phallus humain d’Ouseramon57. Du reste, il serait parfaitement cohérent que, au moyen de ce déterminatif de l’homme assis, une partie du corps humain – strictement masculine – soit catégorisée comme appartenant également, d’une manière plus générale, au grand ensemble «&nbsp;être humain masculin&nbsp;»58.

Ainsi, l’anthroponyme Âamtjou, écrit de manière identique à celle consignée sur notre papyrus, pourrait effectivement être corroborée. Il s’agirait cependant du seul autre document attestant de cette orthographe inhabituelle pour le nom dont il est question59. En revanche, graphiquement, rien ne s’oppose à ce que, dans notre texte, mTA se réfère au phallus du futur vizir Ouseramon.

Signalons en dernier lieu une ultime possibilité. Le groupe aA.t + m + a + TA + D53 pourrait éventuellement être un schématogramme ayant une fonction purement phonétique afin d’écrire la séquence aA-mT et non «&nbsp;c’est considérable&nbsp;: (son) phallus&nbsp;». Pour un scribe de l’époque ramesside, ce groupe solidaire aurait été une simple variante graphique afin d’écrire le nom Âamtjou, et cela sans aucune allusion vulgaire60. De ce point de vue, une telle orthographe de cet anthroponyme n’aurait alors pas de véritable signification pseudo-étymologique.

En définitive, après avoir considéré l’ensemble des aspects, aucun argument qui ne laisserait place au doute et qui résoudrait définitivement ce problème ne semble émerger de la documentation égyptienne. En revanche, les différents faisceaux d’indices en faveur de la lecture littérale suivante&nbsp;: «&nbsp;[Mon coeur] 3 est grandement penché (vers) Ouseramon. Le phallus, combien d’années [jusqu’à maintenant depuis qu’il (= le phallus) a été défait&nbsp;?]&nbsp;» et allant ainsi à l’encontre d’une acception tant pseudo-étymologique que purement phonétique du nom d’Âamtjou nous incline à privilégier la proposition déjà formulée par Helck61.

Rappelons, toutefois, que le problème repose avant tout sur la difficulté de lecture d’un seul signe partiellement en lacune ainsi que sur l’inhabituel déterminatif (A1) pour le terme mTA.

f : Helck transcrit pAy=j nb nfr, probablement dû au fait que c’est une collocation fixe dans les textes ramessides62. Sur la base de la planche de Rossi, Stauder proposait, éventuellement, une autre possibilité&nbsp;: «&nbsp;mon maître auguste&nbsp;» (pAy=j nb Sps)63. Cependant, en acceptant cette lecture, il manquerait le second trait du signe Sps. Dans ce cas, ce dernier est peut-être ligaturé avec le s. Nous avons tout d’abord pensé à lire la séquence pAy=j nb nTr nfr («&nbsp;mon maître le dieu parfait&nbsp;»), selon Möller II, 547 et 180. Néanmoins, étant donné, à notre connaissance, que l’expression standardisée pAy=j nb nfr n’est jamais complétée du signe nTr (Gardiner R8), nous suivrons donc la formulation couramment attestée pAy=j nb nfr, bien que le signe équivoque ressemble davantage à nTr (Gardiner R8) qu’au faucon sur le pavois (Gardiner G7)64.

g : Le texte présent dans la lacune servait vraisemblablement à introduire le vizir Âamtjou, et peut-être même à présenter son discours, comme le pensait Helck65, étant donné que le père d’Ouseramon n’a11 pas encore été mentionné. Cette hypothèse se trouve renforcée par le fait qu’il y a une mise en résonnance thématique entre&nbsp;:

  • – Thoutmosis III (= le roi actuel)/son père (= le roi précédent)&nbsp;;
  • – et Ouseramon (= le vizir actuellement nommé)/son père (= le vizir précédent).

Toutefois, il est également possible que ce soit le début du discours d’Ouseramon lui-même.

h : Litt. «&nbsp;On le trouve en tant qu’homme&nbsp;». Remarquons ici que la construction glosante mrr=f pw (forme nominale imperfective passive) ne présente pas de gémination. C’est peut-être un indice grammatical de la datation de la rédaction du texte, puisqu’à l’époque ramesside, la distinction entre forme écrite courte et longue est devenue interchangeable. De plus, dans la construction ancienne, le pw serait placé directement après gm=tw=f66.

i : Suite à la vérification du texte d’après l’image numérisée, nous confirmons et suivons ici la transcription déjà proposée par Černý67. Litt.&nbsp;: «&nbsp;Cela signifie qu’on le trouve comme un homme dont les yeux transpercent&nbsp;» (ou «&nbsp;dont les yeux sont perçants&nbsp;» ou «&nbsp;aux yeux perçants&nbsp;»).

Les transcriptions de ce passage publiées par Helck68 posent un problème paléographique et sémantique&nbsp;:

  • – Problème paléographique&nbsp;: ce n’est pas xaj (Möller II, 307) qui est inscrit sur le papyrus, ni sur la planche de Pleyte et Rossi. Černý a transcrit le signe de l’oeil fardé (Möller II, 83) sur le signe du bras armé (Möller II, 105) avec justesse. La lecture de Helck est donc à corriger. L’oeil fardé et le bras armé sont les déterminatifs du mot Ddt. C’est un terme, peu fréquent, en rapport avec la vue qui se traduit par «&nbsp;être aveuglé, être transpercé du regard, percer du regard&nbsp;»69. L’expression Ddt jr.t est attestée à plusieurs reprises dans la littérature ramesside et Basse-Époque&nbsp;:
    • – pap. Anastasi I, 11, 4 = pap. BM EA 10247 = Lettre satirique de Hori (fin XIXe dynastie, règnes de Séthy II à Taousert)70&nbsp;;
    • – pap. Lansing, 3, 8 = pap. BM EA 9994, ro 3, 8 (fin XXe dynastie)71&nbsp;;
    • – pap. Bankes II, 4 = pap. BM EA 75017 = Lettre de Tjaroy (Thoutmosis) à Boutehamon (fin XXe dynastie, règne de Ramsès XI)72&nbsp;;
    • – Pap. Brooklyn 47.218.135, 5/17 = sagesse de Basse-Époque (fin XXVIe dynastie, terminus post quem&nbsp;: règne d’Apriès)73.
  • – Problème sémantique&nbsp;: «&nbsp;c’est un homme dont on dit (de lui) les yeux apparaissent…&nbsp;» présente une difficulté puisque le verbe xaj se rapporte majoritairement à la figure royale et divine. Que voudrait donc dire cette proposition&nbsp;? Est-ce une métaphore&nbsp;? Helck, suivi par Dziobek, traduit&nbsp;: «&nbsp;On le trouve comme un homme dont on dit&nbsp;: ses yeux brillent&nbsp;», sans commenter ce passage. Certes, xaj peut également se traduire par «&nbsp;briller&nbsp;», mais, dans la mesure où le verbe Ddt est en rapport avec la vue, le substantif jr.t qui suit est tout à fait approprié.

j : Litt. «&nbsp;qui est rempli de paroles (/discours)&nbsp;»74. Le sens de toute cette phrase est probablement&nbsp;: «&nbsp;c’est un homme à l’intelligence (/perception) acérée (/perspicace) et aux discours élégants&nbsp;».

k : Restitution, très vraisemblable, proposée par Helck75, d’après le sens du début de la l.&nbsp;7 («&nbsp;[Ouseramon] 7 est son nom en vérité&nbsp;»).

l : Proposition de restitution littérale, d’après les commentaires de Helck et de Stauder76&nbsp;: «&nbsp;On [se tourne] 8 vers (/sur) l’argent par manque (/rareté/en l’absence de l’or) lorsque (/pendant que) le roi protège (/est occupé à protéger) [l’Égypte]&nbsp;». Le jw est dans ce cas compris comme étant circonstanciel (voir infra § 3.3.3). Nous ne pouvons pas totalement exclure qu’il s’agisse de deux propositions distinctes, présentées sous la forme de deux proverbes juxtaposées. Le jw serait alors un indicateur d’énonciation «&nbsp;classique&nbsp;»&nbsp;: «&nbsp;Mais n’est-ce pas vers l’argent [qu’il faut se tourner] lorsque l’or est rare&nbsp;? Le roi protège [l’Égypte …]&nbsp;».

Par ailleurs, comme le note avec justesse Dziobek, le signe ṯs transcrit par Helck est une erreur (Möller II, 535).

m : Restitution proposée par Helck et Černý à partir de l’ostracon CGC 2533977. Litt.&nbsp;: «&nbsp;[Tu t’approches du Maître du Double-Pays alors (/tandis) que l’Horus] est dans sa demeure, (y) étant souverain, et que (/alors que) le roi est dans son palais&nbsp;». Notons la mise en parallèle grammaticale, lexicale et sémantique des propositions [jw 1r] m pr=f et jw nsw.t m aH=f.

n : Proposition de restitution grâce à deux textes similaires présents dans la tombe du vizir Rekhmirê (TT&nbsp;100&nbsp;: [jnk] gr.t HAty n(y) nb a.w.s sDm.wy 1r jr.ty jty)12 ainsi que dans celle du héraut Antef (TT&nbsp;155&nbsp;: jr.ty nsw.t HAty nb aH)78.

3. Commentaires philologiques et historiques

3.1. Structure

La structure du texte est organisée en plusieurs séquences&nbsp;:

  • – un ancrage temporel précis fourni par les deux premières lignes qui insistent par deux fois sur la date («&nbsp;l’an 5 de Thoutmosis III&nbsp;» et «&nbsp;en ce jour&nbsp;»). C’est précisément ce jour, et pas un autre&nbsp;;
  • – un ancrage thématique défini&nbsp;: une audience royale qui a pour objectif d’acter la nomination d’Ouseramon au poste de vizir. C’est cette occasion-là, et aucune autre, qui est développée ici&nbsp;;
  • – un ancrage spatial défini&nbsp;: «&nbsp;au-devant de Sa Majesté&nbsp;»&nbsp;;
  • – une série de dialogues et de discours&nbsp;: dialogue entre le roi et Ouseramon (&nbsp;?), puis discours, probablement, d’Âamtjou.

Cette structure et cette écriture ont pour objectif de mettre en scène la nomination d’Ouseramon, au moyen d’un préambule permettant de nous mettre en situation (ancrage temporel, spatial et thématique précisément définis) afin de contextualiser les dialogues et discours. Ce texte pourrait tout à fait être joué.

Le début du texte du papyrus de Turin (l. 1-2) reprend la structure habituelle des textes dits «&nbsp;d’introduction&nbsp;»79 en présentant les éléments suivants&nbsp;:

  • – une date&nbsp;:
    • «&nbsp;An 5, 1er mois de la saison-akhet, le 1er jour, sous la majesté du roi de Haute et Basse-Égypte (Menkheperrê)| le fils de Rê (Thout[mosis)| v.s.f.]&nbsp;»1A.t-sp 5 Abd 1 Ax.t sw 1 xr Hm (ny) nsw.t-bjty (Mn-xpr-Ra)| sA Ra (9Hwty– [ms)| a.w.s.],
  • – le jour de l’introduction de X&nbsp;:
    • «&nbsp;En ce jour de l’introduction du scribe du sceau divin Ouseramon du domaine d’Amon&nbsp;»hrw pn (ny) bs sS xtm-nTr Wsr-Jmn n(y) pr-Jmn,
  • – un lieu d’«&nbsp;introduction&nbsp;»&nbsp;:
    • «&nbsp;au-devant de Sa Majesté&nbsp;»m-bAH Hm=f,
  • – [un discours inaugural]&nbsp;:
    • «&nbsp;[Sa Majesté a dit&nbsp;»][Dd~jn Hm=f]80.

À noter que, dans les «&nbsp;textes d’introduction&nbsp;» de Karnak, le discours inaugural était prononcé par la personne introduite dans sa nouvelle fonction, et non par l’agent qui l’a nommé, c’est-à-dire dans le cas présent le roi. Nous avons donc ici une adaptation de ce genre de texte.

La partie «&nbsp;dialogues et discours&nbsp;» (l. 2-9) est, quant à elle, composée de trois temps. Tout d’abord, le roi s’adresse, à priori, très directement à Ouseramon. C’est un échange direct composé d’une question-réponse (= T 1&nbsp;; l. 2-5)81. S’en suit, vraisemblablement, un discours du vizir Âamtjou, père d’Ouseramon, adressé au roi. Ce propos est lui-même subdivisé en deux sous-temps&nbsp;: un discours durant lequel il vante les qualités de son fils et fait l’éloge de ses compétences auprès du roi (= T 2_A&nbsp;; l. 5-7), puis il décrit brièvement la position du vizir en général (= T 2_B&nbsp;; l. 8). Enfin, vraisemblablement toujours Âamtjou s’adresse cette fois directement à son fils, Ouseramon, afin de lui résumer l’essence même de la fonction de vizir tel un Enseignement, avec le roi comme troisième personne délocutive (= T 3&nbsp;; l. 8-9).

La séquence «&nbsp;dialogues et discours&nbsp;» paraît donc fonctionner de manière triangulaire, comme l’illustre le schéma ci-contre (Fig. 7). Bien que le roi semble s’adresser tout d’abord directement à Ouseramon, il n’en reste pas moins que c’est, vraisemblablement, le vizir Âamtjou qui fait le lien entre le roi et son fils, le futur vizir.

Schéma du fonctionnement triangulaire des échanges dans le pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 2-9 (hypothèse no 1). Schéma de l’auteur.

Cette modélisation schématique est plausible et cohérente. Elle dépend néanmoins essentiellement de deux facteurs. D’une part, en l’état actuel nous13 ne connaissons pas de manière certaine l’identité de l’individu répondant à la question posée par le roi (l. 3-5). D’autre part, la restitution du nom Âamtjou dans la lacune à la fin de la ligne 5 reste une hypothèse.

La possibilité qu’il y ait eu initialement le nom d’Ouseramon, et non celui de son père, doit donc être envisagée, de même que le fait que ce soit Âamtjou qui réponde à la question (Fig. 8). La phrase de la troisième séquence (= T 3&nbsp;; l. 8-9) présentant un changement d’adressivité («&nbsp;tu es&nbsp;» au lieu de «&nbsp;on le considère&nbsp;», «&nbsp;[c’est quelqu’un] qui&nbsp;»), il s’avèrerait logique qu’elle soit adressée à Ouseramon par son père et précédesseur Âamtjou, comme nous l’envisageons dans l’hypothèse no 1. Là encore le schéma met en exergue un fonctionnement triangulaire des échanges.

Schéma du fonctionnement triangulaire des échanges dans le pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 2-9 (hypothèse no 2). Schéma de l’auteur.

Cette deuxième modélisation présente cependant un problème majeur du point de vue du sens. En effet, Ouseramon parlerait de lui à la troisième personne, ce qui paraît quelque peu étrange, à moins qu’en réalité l’intégralité de cette partie (T 2_A et B) soit un genre de proverbe et non pas un discours. De plus, Âamtjou ne serait plus l’élément central effectuant le lien entre le souverain et son fils et successeur direct.

Ainsi, l’hypothèse no 1 semble mieux fonctionner, tant sur le plan de la cohérence de l’enchaînement de l’identité des locuteurs, de la dynamique d’adressivité de leurs discours que sur celui du contenu de leurs échanges. Il va de soi que notre inflexion vers la première proposition du fonctionnement de la conversation reste soumise à l’état fragmentaire actuel du texte.

La scène de la Nomination, gravée puis peinte, dans la tombe d’Ouseramon (TT&nbsp;131) illustre quant à elle parfaitement le fonctionnement triangulaire des échanges, tel qu’envisagé dans la modélisation schématique no 1 (Fig. 9). Elle est située dans la salle transversale de la tombe, c’est-à-dire dans l’espace d’auto-présentation du défunt, sur la partie nord du mur est (= partie droite en entrant). Il s’agit du même événement que celui décrit dans notre papyrus, c’est-à-dire l’audience royale concernant la nomination d’Ouseramon dans la fonction de vizir. Une assemblée de dignitaires, avec à leur tête le vizir Âamtjou vieillissant, va à la rencontre du roi Thoutmosis III, représenté assis sous son kiosque, afin d’obtenir un «&nbsp;bâton de vieillesse&nbsp;», c’est-à-dire un successeur. Ouseramon est en fin de cortège. Comme dans le texte du papyrus, Âamtjou est l’intermédiaire entre le roi et son fils dans cette passation de fonction. Alors encore vizir en titre, il est représenté selon l’iconographie canonique de sa fonction depuis la XIIIe dynastie – un long vêtement complété par un collier dont l’accroche, placée à la base de la nuque, est en forme de cartouche – alors que son fils est vêtu d’un simple pagne. Le choix de cette iconographie concorde avec le fait qu’il se désigne par le titre «&nbsp;scribe du sceau divin&nbsp;» (sS xtm-nTr), indiquant ainsi le fait que le processus de sa nomination n’est pas encore terminé.

Scène de la Nomination du vizir, tombe d’Ouseramon (TT&nbsp;131). Tiré de Dziobek, Gräber Vezirs User-Amun, 1994, pl. 72 [scène 131-5].

Par ailleurs, la comparaison avec la structuration du deuxième discours du roi dans la Nomination (TT&nbsp;131, col. 25-34) renforce notre hypothèse du fonctionnement des échanges dans notre texte. Le roi s’adresse tout d’abord directement à Âamtjou (col. 25 = T 1). Il lui parle ensuite de son fils Ouseramon en reprenant la formulation et les thèmes des qualités idéales du candidat recherché (col. 26 = T 2). Enfin, Thoutmosis III dicte des injonctions à Âamtjou au sujet de l’exercice du vizirat (= T 3_A) afin que celui-ci les transmette à son fils (= T 3_B). Le discours royal devient même parfois totalement métaphorique (col. 27-34). La modélisation schématique de cette séquence met à nouveau en évidence une dynamique triangulaire dans laquelle Âamtjou est indéniablement le relai entre le monarque et son fils (Fig. 10).14

Schéma du fonctionnement triangulaire des échanges dans la Nomination (TT&nbsp;131, col. 25-34&nbsp;: 2e discours du roi). Schéma de l’auteur.

L’élaboration littéraire du papyrus de Turin semble donc avoir repris, tout en l’adaptant, la structuration du discours royal gravé dans la tombe d’Ouseramon (Figs. 7, 9-10). La parole royale ne descend plus vers Âamtjou, c’est au contraire ce dernier qui conseille le souverain en louant les qualités et les compétences de son fils. Il ne s’agit donc plus d’une eulogie d’Âamtjou et d’Ouseramon formulées à la deuxième personne par l’intermédiaire de la bouche du roi, mais d’une eulogie d’Ouseramon énoncée, à la troisième (l. 5-8) puis à la deuxième personne (l. 8-9), par son père et prédécesseur.

3.2. Langue et langage

Le texte du papyrus Turin Cat. 1878 vo, l. 1-9 est rédigé en moyen égyptien avec des particularités néo-égyptiennes, caractéristiques de l’aspect hybride de la littérature à partir du règne d’Amenhotep IV82. Citons, par exemple, l’emploi de pronoms possessifs néo-égyptiens (l. 4&nbsp;: pAy=j nb et l. 5&nbsp;: pAy=k jt), la construction du nombre cardinal (l. 4&nbsp;: 30 n(y) rnp.t tAy), l’expression du pluriel néo-égyptien au moyen de l’article défini (l. 4&nbsp;: nA [n(y) rnp.wt]), l’emploi de l’adverbe gr après le syntagme sur lequel il porte (l. 5&nbsp;: jr{r}=j tA jAw.t n pAy=k jt gr)83, l’utilisation de l’article défini féminin singulier placé devant le substantif qu’il détermine (l. 5&nbsp;: tA jAw.t), et enfin la collocation ramesside pAy=j nb nfr (l. 4).15

Restitutions prises en compte, nous dénombrons actuellement un total de 155 mots pour 86 occurrences uniques. La quantité de même que la diversité des termes employés témoignent nettement de la prédominance du roi (un total de 20 occurrences pour 14 entrées uniques). De plus, le souverain agit à plusieurs reprises&nbsp;: au moyen d’une déclaration assertive il «&nbsp;[dit]&nbsp;» ([Dd]) qu’il «&nbsp;approuve grandement&nbsp;» ([jb] hn (r) N r-aA.t) Ouseramon, puis il pose une question directe, et enfin il «&nbsp;protège [l’Égypte]&nbsp;» (xw [Km.t]). Par ailleurs, le monarque est précisément localisé&nbsp;: la scène se déroule «&nbsp;au-devant&nbsp;» de sa personne (m-bAH Hm=f), il est «&nbsp;dans sa demeure&nbsp;» (m pr=f) et «&nbsp;dans son palais&nbsp;» (m aH=f). Il est aussi le garant de l’intégrité de «&nbsp;[l’Égypte]&nbsp;» ([Km.t]).

Le focus se déporte ensuite sur la figure du vizir, incarné ici au travers des personnages historiques d’Âamtjou et d’Ouseramon. Le vizir est «&nbsp;un homme&nbsp;» (s) dont les qualités sont d’avoir le «&nbsp;regard perçant&nbsp;» (Ddt jr.t) et des «&nbsp;discours élégants&nbsp;» (mHw m xn.w)84. Intrinsèquement, il est le «&nbsp;coeur [du maître]&nbsp;» (HAty [n(y) nb]) ainsi que «&nbsp;[les (deux) oreilles d’Horus et les (deux) yeux du souverain]&nbsp;» ([sDm.wy 1r jr.ty jty]). C’est à ce titre qu’il est habilité à «&nbsp;[s’approcher du Maître du Double-Pays]&nbsp;» ([XnXn nb tA.wy]). En termes d’action, il accorde (rdj) sans cesse le métal précieux qu’est l’argent (HD). Enfin, c’est quelqu’un qui a précédemment exercé (jrj) des «&nbsp;fonctions&nbsp;» (jAw.t) telles que «&nbsp;scribe du sceau divin du domaine d’Amon&nbsp;» (sS xtm-nTr n(y) pr-Jmn), avant de recevoir une «&nbsp;initiation&nbsp;» (bs) actant sa nomination et le rendant ainsi apte à exercer entièrement et de plein droit le vizirat (pour ce dernier point en particulier voir infra §&nbsp;3.3.1).

En dernier lieu, notons que le roi et le vizir sont mis en parallèle au travers de la métaphore de l’or et de l’argent (nbw et HD) (voir infra § 3.3.3).

3.3. Contenu

Le contenu du texte de notre papyrus est assez énigmatique. D’un point de vue général, le document rapporte la nomination d’Ouseramon à la fonction de vizir en l’an 5 de Thoutmosis III. De manière plus détaillée, plusieurs éléments méritent d’être commentés afin d’en saisir toute la teneur.

3.3.1. La nomination du vizir Ouseramon

Deux attestations de la nomination d’Ouseramon nous sont connues&nbsp;: l’une représentée dans sa tombe et accompagnée de textes en hiéroglyphes (TT&nbsp;131 – Nomination du vizir)85, et l’autre inscrite en hiératique sur le verso du papyrus Turin Cat. 1878. Helck a été le premier à avoir compris la signification du texte relaté sur le papyrus de Turin et à l’avoir mis en relation avec le texte de la Nomination d’Ouseramon86, puisque le texte consigné sur le papyrus relate le même événement.

Les deux documents sont naturellement de longueurs différentes. La scène de la Nomination dans son ensemble occupe la moitié de la longueur du mur, soit environ 2,50 m de long sur 2,40 m de hauteur. Le texte hiéroglyphique s’étend sur 36 colonnes, avec une hauteur de quadrat d’environ 7&nbsp;cm. Dans l’état actuel de conservation, c’est le texte le plus long et le plus étendu de la tombe d’Ouseramon. Pour sa part, le texte hiératique du papyrus se développe sur 9 lignes fragmentaires.

Dans ces deux documents, le cadre général, l’évènement unique de nomination et les acteurs sont identiques. La Nomination est une des rares Königsnovelle en contexte privé, dont l’objectif est certes d’afficher la grande distinction qu’Ouseramon reçoit de la part du roi, mais surtout de mettre en scène la performativité de la parole royale dans sa propre tombe87. Le papyrus de Turin n’est en outre pas le modèle hiératique ayant inspiré le texte de la tombe, ni un résumé de ce dernier. C’est un texte indépendant puisque le contenu et la forme stricto sensu sont différents, et seul le papyrus apporte la précision de la date de l’an 5 de Thoutmosis III. De par sa structure et son aspect littéraire, le papyrus de Turin n’est donc pas un document administratif, mais une élaboration littéraire ramesside (voir infra § 5).

Que ce soit dans le contexte d’auto-présentation de la tombe, ou dans celui d’une production littéraire sur papyrus, la promotion d’Ouseramon au poste de vizir s’effectue à titre individuel et est présentée comme étant méritocratique – ce qu’elle n’est bien sûr pas uniquement dans la réalité. La même insistance sur la continuité père/fils est également présente dans la phraséologie des deux textes avec par exemple&nbsp;:16

  • «&nbsp;déjà sous ton père j’ai exercé la fonction&nbsp;»jr{r}=j tA jAw.t n pAy=k jt gr (Pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 5)
  • «&nbsp;Tu as bien installé son fils dont le nom est Ouser comme scribe du sceau divin dans le temple d’Amon. Son père était déjà dans l’entourage de ton (grand)-père le roi de Haute et Basse-Égypte (Âa-kheper-ka-Rê)|, justifié&nbsp;»d~<n>=k js sA=f Wsr rn=f m sS xtm-nTr m Hw.t-nTr n(y.t) Jmn. [W]n jt=f m h(A)w jt=k nsw.t-bjty (aA-xpr-kA-Ra)| mAa-[xr]w (TT&nbsp;131, Nomination, col. 24, 2e discours des courtisans)

Celle-ci est aussi renforcée par l’iconographie de la scène et la structure du texte issu du papyrus dans lesquelles Âamtjou fait le lien entre son fils et le roi afin d’assurer la transmission de la fonction à sa descendance.

Les bribes du discours d’Âamtjou dans le papyrus de Turin ne sont pas sans rappeler certaines des formulations présentes dans les autres textes du cycle viziral&nbsp;: l’Enseignement d’Âamtjou (TT&nbsp;131)88, l’Installation du vizir (TT&nbsp;131, TT&nbsp;100, TT&nbsp;66)89, les Devoirs du vizir (TT&nbsp;131, TT&nbsp;100, TT&nbsp;29 et ostraca MANT, TT&nbsp;106)90, le Bureau du vizir (TT&nbsp;100)91, l’Autobiographie de Rekhmirê (TT&nbsp;100)92, et surtout la Nomination du vizir (TT&nbsp;131) qui fait directement écho à notre texte, comme nous l’avons souligné.

La stèle conservée au musée de Grenoble fait également référence, dans une moindre mesure, à la nomination d’Ouseramon au poste de vizir&nbsp;:

  • «&nbsp;(Mon) excellence ayant promu (ma) position, j’ai été initié à cette excellente fonction de directeur de la Ville et vizir&nbsp;»sxnt~n jor(=j) s.t(=j) bs=kw r jA.t Tn mnx.t r jmy-rA njw.t TAty (Stèle Grenoble MG&nbsp;1954, l. 7)93

Comme dans la deuxième ligne de notre papyrus, c’est le verbe bs(j) qui est employé pour désigner cette nomination. L’initiation des substituts du pharaon, c’est-à-dire des prêtres et des vizirs, est exprimée au moyen de ce verbe, notamment dans ce qui est appelé «&nbsp;textes d’introduction&nbsp;» ainsi que dans leurs biographies. Ce terme porte en effet le sens d’une véritable «&nbsp;initiation&nbsp;». Comme l’a très justement exposé et commenté Kruchten, c’est un verbe de mouvement, dont la signification primaire est «&nbsp;jaillir&nbsp;» au sens de «&nbsp;monter&nbsp;». Bs(j) indique également une transformation, c’est-à-dire un changement d’état et/ou de statut autant que le passage d’un monde à un autre, notamment du monde profane au monde sacré94. Le sens de ce verbe affirme le droit désormais acquis de l’officiant qui a été initié d’exercer sa fonction ou de célébrer les rites auxquels il a été instruit.

Par ailleurs, dans le papyrus de Turin, l’expression – bien que partiellement lacunaire et donc hypothétiquement restituée – [jb=j] hn (r/n) Wsr-Jmn r-aA.t exprime le fait que le roi s’appuie grandement sur les compétences d’Ouseramon. Le verbe hn/hnn/hAn signifie littéralement «&nbsp;s’incliner, (se) pencher, (se) courber, approuver, avoir confiance, s’appuyer sur&nbsp;»95. Dans les procédures oraculaires, ce terme est employé afin d’indiquer la réponse favorable de la part d’un dieu. Il se rapporte au geste effectué par la statue divine portée par les prêtres lors de la procession96. En outre, dans la biographie du grand-prêtre d’Amon Româ Roÿ préservée sur l’une de ses statues (XIXe dynastie, règnes de Ramsès II à Sethy II), le terme possède l’acception «&nbsp;s’en remettre à, s’appuyer sur&nbsp;»97.

Ainsi cette tournure littéraire exprime et explicite, selon nous, le fait que Thoutmosis III est précisément en train de le nommer au poste de vizir. Dans ce cas, par extrapolation, la proposition pourrait être comprise d’une manière plus directe&nbsp;: «&nbsp;je (= le roi) nomme Ouseramon&nbsp;». Cette formulation serait donc à ajouter à la longue liste des termes et expressions en relation avec la nomination et la promotion d’un individu existants dans l’Égypte antique. Černý semble lui aussi avoir compris ce passage dans ce même sens puisqu’il translittère [d]hn en renvoyant à l’entrée correspondante dans le Wörterbuch, peut-être par rapprochement avec la version du texte de l’Installation présente dans la tombe du vizir Rekhmirê&nbsp;:

  • «&nbsp;Introduction 2’ du conseil dans la salle à colonnes de Pharaon, v.s.f. et faire que soit amené 3’ le vizir [Rekhmirê] nouvellement nommé&nbsp;»sTA 2’ onb.t r wAxy n(y) Pr-aA a.w.s. rd.t msw 3’ TAty [Rx-mj-Ra] dhn.w m mAwt17(TT&nbsp;110, Installation, col. 1’-3’)98

Ce passage dans les versions des tombes des vizirs Ouseramon (TT&nbsp;131) et Hapou (TT&nbsp;66) est malheureusement en lacune, mais devait sans nul doute y figurer99.

Une autre mise en scène de nomination quelque peu postérieure à celle d’Ouseramon fait directement écho à cette dernière. Il s’agit de celle de Qenamon, l’intendant du port de Perou-nefer dans le Delta, en exercice durant le règne d’Amenhotep II. Sa sépulture se situe elle-aussi dans la nécropole thébaine de Cheikh Abd el-Gournah (TT&nbsp;93), à quelques centaines de mètres à l’ouest de la TT&nbsp;131 et surtout juste au-dessus de celle de son vizir contemporain Aménémopé (TT&nbsp;29)100. Au sein de ce texte extrêmement fragmentaire, l’expression employée par le roi pour nommer Qenamon est dhn (col. 7&nbsp;: Hm=j rd.t dhn […]).

3.3.2. Ouseramon et la pratique de la circoncision

  • __ «&nbsp;(…) MTA wr n rnp[.wt r tAy m-Dr fx.t=f&nbsp;?]__ 4 30 n(y) rnp.t tAy Pr-aA a.w.s. pAy=j nb nfr.
  • __ «&nbsp;(…) Le phallus, [depuis] combien de temps [a-t-il été défait&nbsp;?]__ 4 Cela fait 30 ans, ô Pharaon v.s.f. mon maître parfait. (…)&nbsp;»

(Papyrus Turin Cat. 1878 vo, l. 3-4, extrait)

C’est à nouveau Helck qui propose la restitution de la fin de la ligne 3, sur la base du rapprochement du passage de notre texte avec l’inscription de la tombe de Khnoumhotep II à Beni Hassan (XIIe dynastie – Amenemhat II, Sésostris II et Sésostris&nbsp;III) ainsi que celle du rouleau de cuir de Berlin (milieu XVIIIe dynastie). Khnoumhotep parle de son père en ces termes&nbsp;:

  • «&nbsp;Il a gouverné sa ville, comme enfant, avant qu’il n’ait été défait du prépuce&nbsp;»HoA~n=f njw.t=f m sD.t n fx.t=f m TAm (Tombe de Khnoumhotep II, biographie, col.&nbsp;184-186)101

Dans le rouleau de cuir, Sésostris Ier dit à propos du dieu Rê-Horakhty&nbsp;:

  • «&nbsp;Il m’a promu comme maître des deux parties, comme enfant, avant que n’ait été délié pour moi le phallus&nbsp;»swsx~n=f wj r nb psS.t 2 m nxn n fx.t n=j mTA (Rouleau de cuir de Berlin, Pap. Berlin 3029, I,9-10)102

Une autre attestation de cette expression est également à ajouter à ce dossier. La stèle Florence 2540, provenant du temple nord de la forteresse de Bouhen (XIIe dynastie – Sésostris Ier), est un panégyrique royal vantant les qualités et les grandes actions qu’a réalisées le roi à une période pendant laquelle&nbsp;:

  • «&nbsp;il n’avait pas encore été défait de son prépuce&nbsp;»m nxn n fx.t=f m TAm (Stèle Florence 2540, texte central, l. 6)103

Selon Helck, le sens de la question-réponse du papyrus de Turin doit se comprendre ainsi&nbsp;: le roi demande à Ouseramon le temps écoulé depuis qu’il a été circoncis, et non depuis sa naissance. Ouseramon lui répond que cela fait 30 ans. Cette interprétation est celle retenue depuis104. Est-ce une tournure particulière pour s’enquérir de l’âge d’un individu&nbsp;? Ou bien cet acte marque-t-il autre chose&nbsp;?

La circoncision en Égypte antique est attestée tout au long de la période, et ce grâce à plusieurs types de sources provenant de différents contextes archéologiques&nbsp;: des restes humains momifiés, des statues,18 des documents iconographiques et textuels issus de parois de tombes et de temples, des stèles ou encore des papyrus. Nous constatons également une certaine diversité dans les termes et expressions employés afin de désigner cette pratique, de même que pour nommer l’absence de circoncision (sab/sb.t, Sad, n fx.t TAm/mTA, Hnn m ornt, ama).

Le but de cette pratique ne semble pas être clairement explicité dans les sources égyptiennes et elle a suscité de nombreux débats dans la littérature égyptologique. Les données ne permettent pas de conclure qu’elle était pratiquée de façon régulière pour l’ensemble de la population masculine durant toute la période pharaonique. De ce fait, la circoncision ne semble pas correspondre à un rite obligatoire de passage à l’âge adulte. Les deux autres principales raisons avancées afin d’expliquer cet usage sont d’ordre médical et religieux (dans le cadre des thématiques de la naissance divine royale et des initiations rituelles), les deux n’étant, au demeurant, pas antinomiques. L’âge auquel cet acte était effectué reste difficile à définir avec précision et la majorité des chercheurs le situe entre 10 et 15 ans105.

D’après la tournure de l’échange dans notre papyrus, la raison médicale semble, à priori, à exclure. La circoncision d’Ouseramon serait alors la marque de l’accession d’un individu à un statut particulier réservé aux initiés. La circoncision ne serait donc pas ici le résultat d’un traitement médical, ni un marqueur temporel, mais un marqueur social et statutaire.

De ce fait, le roi serait en train de demander à Ouseramon depuis quand il a été initié, sous-entendu peut-être à la prêtrise, et non de lui demander depuis quand il est adulte. Ouseramon lui répond que cela fait 30 ans, et précise qu’il exerçait déjà la fonction de […] sous le père de Thoutmosis III, la fonction en question étant malheureusement en lacune dans le texte. En prenant en compte le fait que ce laps de temps est considérable en Égypte ancienne, il possède donc une grande expertise en matière de culte et des affaires divines – la quantité et la diversité des fonctions exercées au sein du domaine d’Amon vont dans ce sens106 – ainsi qu’une maturité suffisante afin de mener à bien sa future fonction de vizir.

3.3.3. Comparaison métaphorique&nbsp;: l’argent et l’or pour le vizir et le roi&nbsp;?

  • [Wsr-Jmn] 7 pw rn=f m mAa.t. 8d(w) HD m HAw n(y) nbw […] 8 =tw r HD pw <m> gAw n(y) nbw jw nsw.t (Hr) xw [Km.t].[Ouseramon] 7 est son nom en vérité. (C’est quelqu’un) qui accorde constamment de l’argent en excès par rapport à (/en plus de) l’or […]. [C’est] 8 vers l’argent qu’il faut [se tourner] quand l’or est rare (/manquant) lorsque le roi protège [l’Égypte].

(Papyrus Turin Cat. 1878 vo, l. 7-8)

La signification de la ligne 7 paraît, de prime abord, assez difficile à saisir. Helck note que la présence du nom Ouser devait certainement créer un effet de contraste entre la signification du mot wsr «&nbsp;(être) riche&nbsp;» (par opposition à «&nbsp;(être) pauvre&nbsp;»). Cette emphase continue directement dans la phrase suivante où il est précisé que le vizir, et dans le cas présent Ouseramon, dispense des richesses de manière abondante puisqu’il ajoute de l’argent à l’or, ou ajoute de l’argent en plus de l’or. La notion de richesse du vizir semble donc être mise en exergue107.

La ligne 8 est tout aussi problématique. Au-delà des difficultés de lecture et de compréhension dues aux lacunes, le contenu de ce passage est assez énigmatique. Helck propose de le comprendre ainsi&nbsp;: l’or est la métaphore du roi et l’argent celle du vizir. L’absence de l’or signifierait que le roi est en dehors du pays, en campagne militaire en train de protéger les frontières de l’Égypte, comme l’indique d’ailleurs le verbe xw «&nbsp;protéger, garantir&nbsp;» et donc la restitution19 logique xw [km.t ou tA.wy]108. Cette protection-xw semble exprimer l’idée d’immunité, mais ce terme peut avoir un caractère plus «&nbsp;offensif&nbsp;» que «&nbsp;défensif&nbsp;» lorsqu’il se trouve dans des contextes d’emploi se rapportant à des confrontations à l’étranger, et non en Égypte109. Cela pourrait être effectivement le cas ici, si cette interprétation devait être confirmée. La phrase est orientée vers un roi en train de guerroyer à l’étranger dans le but d’assurer la protection voire d’étendre son territoire. Dans ce cas, le vizir se substitue à lui afin d’assurer le bon fonctionnement et la bonne gestion du Double-Pays. Ainsi, la restitution du verbe en lacune à la fin de la ligne 7 pourrait vraisemblablement être «&nbsp;se tourner vers&nbsp;».

L’assimilation métaphorique d’une divinité ou du roi à l’or est extrêmement courante dans les textes égyptiens110. La stèle de la tempête d’Âhmosis rapporte que&nbsp;:

  • «&nbsp;Sa Majesté a atteint le coeur de Thèbes, (c’est) l’or (qui) vient à la rencontre de [l’or] de cette image processionnelle&nbsp;»spr pw jr~n Hm=f r Xn WAs.t nbw Hs m [nbw] sSm pn (Stèle de la tempête, ro 12 = vo 14)111

À partir de la XVIIIe dynastie, le roi est fréquemment affublé de l’épithète «&nbsp;montagne d’or, électrum des rois&nbsp;»112. Ainsi Amenhotep III est&nbsp;:

  • «&nbsp;le dieu parfait, montagne d’or&nbsp;»nTr nfr Dw n(y) nbw (Temple de Soleb, embrasures nord et sud de la porte centrale&nbsp;IV-V)113
  • «&nbsp;le dieu parfait, montagne d’or, électrum des rois&nbsp;»nTr nfr Dw n(y) nbw Dam n(y) nsw.wt (Temple de Louqsor, pièces sud, une des colonnes de la salle hypostyle)114
  • «&nbsp;le dieu parfait, montagne d’or&nbsp;»nTr nfr Dw n(y) nbw (Stèle et fragment de statue)115

Ramsès II est lui aussi qualifié de&nbsp;:

  • «&nbsp;dieu parfait, montagne d’or, électrum de chaque roi&nbsp;»nTr nfr Dw n(y) nbw Dam n(y) nsw.t nb (Tanis, une des colonnes du «&nbsp;Temple de l’Est&nbsp;»)116

Pareillement, Ramsès IV, usurpé par Ramsès VI, est&nbsp;:

  • «&nbsp;le dieu parfait, montagne d’or, électrum des rois&nbsp;»nTr nfr Dw n(y) nbw Dam n(y) nsw.wt (Temple de Medinet Habou)117

Terminons cette courte liste d’exemples avec celui d’Hatchepsout qui est qualifiée&nbsp;:

  • d’«&nbsp;électrum de la royauté&nbsp;»Dam n(y) ns.yt (Grand temple de Karnak, obélisque nord, soubassement sud, l. 5)118

Dans le champ lexical de la métaphore aurifère, les caractéristiques attribuées aux êtres divins et royaux le sont aussi quelquefois aux hauts fonctionnaires reconnus et appréciés du souverain pour leurs qualités. Étant donné qu’il est aimé du roi, le chancelier, grand intendant du domaine royal et intendant du Double grenier Senneferi (XVIIIe dynastie, Hatchepsout/Thoutmosis III), est&nbsp;:

  • «&nbsp;d’or et de lapis-lazuli&nbsp;»mr.t=f m nbw Hr xsbd (Statues BM 48 et CGC 1013)119

De même, Aÿ et sa femme Tiy, richement récompensés et ornés de colliers d’or par le roi&nbsp;:

  • «&nbsp;ont été faits “personnes d’or’’&nbsp;»sy jry m rmT n(y) nbw (Tell el-Amarna, TA 25)120

Bien que ce qualificatif n’a rien de surprenant puisqu’ils sont littéralement recouverts de colliers d’or, il y a là encore un lien entre ce qualificatif et le mérite de ces dignitaires.

En revanche, une telle assimilation cette fois-ci à l’argent semble plus rare, et nous possédons moins d’informations, de prime abord, sur la symbolique de l’argent en Égypte ancienne121.

Une connexion existe entre les os des dieux, des rois et des défunts et ce métal. Par exemple, les os de Rê&nbsp;:

  • «&nbsp;étaient d’argent, ses membres étaient d’or et ses cheveux étaient en lapis-lazuli véritable&nbsp;»20os.w=f m HD Haw=f m nbw Sn.w=f m xsbd mAa (Livre de la Vache Céleste 5-7)122

Dans le papyrus Jumilhac il est dit&nbsp;:

  • «&nbsp;l’or ce sont ses chairs et l’argent ce sont ses os&nbsp;»nbw jwf pw HD os.w=f pw (Papyrus Jumilhac XIII,1)123

Il en est de même dans les lamentations d’Isis et Nephthys dans lesquelles il est dit à propos d’Osiris&nbsp;:

  • «&nbsp;tes os sont fondus en argent&nbsp;» (Papyrus Bremner-Rhind I,15,25)124

Enfin, deux des versions de la stèle du premier mariage hittite rapportent que les chairs de Ramsès II&nbsp;:

  • «&nbsp;sont en or, ses os sont en argent et tous ses membres sont en fer&nbsp;»Haw=f m nbw os.w=f m HD a.wt=f nb m bjA n(y) p.t (Stèle du premier mariage hittite, versions d’Abou Simbel et d’Éléphantine)125

Du point de vue religieux et symbolique, le couple or/argent, souvent indissociable, permet la cohésion des éléments par leurs propriétés minéralogiques respectives126 et leur complémentarité. De même que l’argent est le métal qui représente l’ossature, structure invisible mais indispensable, permettant d’assurer le maintien, la mise en mouvement et la solidité du corps, le vizir est l’adjoint indispensable, qui assure la cohésion, la bonne gestion et le bon fonctionnement du pays, et ce d’autant plus lorsque le roi est occupé hors d’Égypte à garantir la protection des frontières du pays.

Indépendamment de ce système d’analogies or/argent = chairs/os = roi/vizir = visible/invisible, Aufrère rappelle, dans son Univers minéral, que l’argent est associé à la pureté et qu’il constitue, dans l’architecture, le matériau privilégié des points de contact, c’est-à-dire par exemple les bases de colonnes et les architraves. Ainsi, lorsqu’il a rénové le portique du IVe pylône de Karnak, Chabaka (XXVe dynastie) a refait&nbsp;:

  • «&nbsp;un grand portique plaqué d’or pur, les deux colonnes étant travaillées d’électrum et les deux bases les supportant d’argent pur&nbsp;»hAy.t aA.t mktj m nbw nfr wxA.wy bAkw m Dam sp.ty Xr.w m HD wab (Grand temple de Karnak, porte du IVe pylône)127

Aufrère mentionne, par ailleurs, que l’argent est employé pour les parties de certains objets du mobilier funéraire de Toutânkhamon destinées à être en contact avec le sol. Il est apposé sur les poignées du sarcophage, sur les poignées de l’une des grandes chapelles, sur les patins du traîneau d’une petite chapelle ainsi que sur les poignées du traîneau portant la boîte aux vases canopes128.

L’argent apparaît donc comme étant un matériau intermédiaire entre deux mondes destiné à marquer et à préserver la pureté de la partie sacrée qui est derrière la zone de contact. Ainsi, comme l’argent est le métal protecteur isolant le sacré pur du profane impur, le vizir assure le rôle d’intermédiaire protecteur entre le pharaon et le peuple.

Un autre exemple vient conforter l’idée que, de manière plus globale, le vizir et la fonction qu’il exerce sont assimilés à des métaux autres que l’or. Dans l’Installation, le pharaon identifie directement le vizirat à du cuivre ayant pour fonction de créer une interface protectrice autour du souverain&nbsp;:

  • «&nbsp;1 Sa Majesté lui dit&nbsp;: Regarde vers cet office du vizir, 2 sois vigilant concernant [tout] ce qui s’y fait. Vois, c’est le pilier du pays tout entier. Vois, pour ce qui concerne le vizirat, vois ce n’est pas quelque chose de doux. Vois, c’est une chose aussi amère que la bile. Vois, 3 c’est le cuivre qui fait rempart autour de l’or du domaine [de] son [maître]&nbsp;»1 9d~jn Hm=f xft=f&nbsp;: MA n=k r pA xA n(y) TAty 2 rs-tp Hr jrr[.t nb.t] jm=f. Mk smn pw n(y) tA r-Dr=f. Mk jr TAty, mk nn bnr js pw. Mk dHr pw mj wdd. Mk 3 Hmtj pw mDr(w) nbw n(y) pr [n(y) nb]=f (TT&nbsp;100, Installation, col. 1-3)129

Ce passage, et plus généralement le programme textuel et iconographique du cycle viziral, témoigne du fait que le vizir est le protecteur et l’interlocuteur intermédiaire entre le souverain et le peuple.21

L’hypothèse émise par Helck sur la compréhension de ce passage du papyrus semble donc se confirmer, au moins du point de vue contextuel&nbsp;: l’or représente le roi et l’argent le vizir. Que ce soit sur les plans minéralogique, religieux et symbolique, architectural et manufacturier ainsi qu’économique et politique, le couple or/argent et roi/vizir permet d’assurer l’harmonie universelle et la cohésion des éléments, l’un complétant l’autre. L’assimilation plus globale du vizir à des métaux nous amène à nous interroger sur les raisons de ces assimilations du vizir à différents métaux ainsi que sur les critères sur lesquels repose le rapprochement avec tel métal ou tel autre.

4. Datation

Trois aspects de temporalité liée au papyrus Turin Cat. 1878 vo, l. 1-9 sont à commenter&nbsp;: 1. la date de la nomination du vizir Ouseramon&nbsp;; 2. la datation de la rédaction du texte et enfin 3. la datation de la composition originelle du texte.

4.1. Date de la nomination du vizir Ouseramon

Notre papyrus mentionne «&nbsp;l’an 5, 1er mois de la saison-akhet, le 1er jour&nbsp;» de Thoutmosis III comme date de nomination d’Ouseramon en tant que vizir.

En dépit du laps de temps séparant l’événement historique relaté ici et la période de sa rédaction sur le papyrus, la date exacte de la promotion d’Ouseramon devait être encore bien connue de la communauté de Deir al-Medineh de la période ramesside. Cependant, puisqu’il s’agit d’une oeuvre littéraire, il pourrait dès lors apparaître problématique de considérer cette date comme étant un fait historique certain. Elle pourrait également faire partie du processus de fiction littéraire déformant la réalité.

Néanmoins, une confirmation indirecte de la date de l’installation d’Ouseramon est donnée sur le verso d’une tablette en bois provenant probablement de Deir el-Bahari130. Il s’agit d’un registre comptable d’offrandes écrit en hiératique et daté du «&nbsp;26e jour du 2e mois de la saison-péret de l’an 5&nbsp;», vraisemblablement de Thoutmosis III. Une liste de contributeurs est mentionnée, dont le Pharaon, le domaine de la divine adoratrice, le héraut Antef, l’intendant Senenmout, le directeur du Trésor, le vizir Ouser et le domaine du vizir. Il s’agit probablement de la comptabilité préparatoire à une fête qui confirme donc qu’Ouseramon était déjà vizir au 26e jour du 2e mois de la saison-peret en l’an 5 de Thoutmosis III.

Ainsi, à l’aide de la tablette de Deir el-Bahari et sans argument contraire, Ouseramon était donc bien vizir, si ce n’est introduit comme tel, à compter de l’an 5 de Thoutmosis III, soit en 1472 av. J.-C. environ. Si nous prenons en compte les 30 ans de prêtrise qu’il semble avoir exercée auparavant, Ouseramon aurait débuté sa carrière au sein du temple d’Amon aux environs de 1502 av. J.-C., c’est-à-dire au mileu du règne de d’Amenhotep Ier.

Concernant le contexte politique, la transmission de la charge vizirale d’Âamtjou à son fils Ouseramon est directement liée à la situation inédite de l’exercice du pouvoir royal entre Thoutmosis III et Hatchepsout. En effet, de par ses nombreux membres et son réseau très étendu, la puissante famille d’Ouseramon a eu un poids politique et idéologique considérable dans la légitimation de la prise de pouvoir d’Hatchepsout, cette dernière alors régente devenant dès lors Pharaon, entre l’an 3 et l’an 7 de Thoutmosis III. Cette prise de pouvoir n’a en partie été possible qu’en s’appuyant, parmi d’autres, sur l’une des familles thébaines les plus influentes de l’époque, et cela principalement en maintenant leur haute position au sein des instances dirigeantes du pays. Ainsi, la promotion d’Ouseramon est pour Hatchepsout une façon de confirmer ses appuis à la cour et légitimer un peu plus sa prise de pouvoir131.

Cette famille continue de détenir le vizirat à la génération suivante lorsque Rekhmirê, le neveu d’Ouseramon, lui succède entre l’an 28 et l’an 34 de Thoutmosis III. Ouseramon a donc exercé ses fonctions vizirales durant 23 à 29 ans. Le floruit de cet homme est de ce fait considérable, le personnage étant au final l’un des acteurs majeurs des principaux événements politiques, économiques et religieux survenus au cours de cette période.

4.2. Datation de la rédaction du texte et paléographie

D’après l’espacement des signes, la fluidité des ligatures et le tracé des caractères individuels, notamment en ce qui concerne les signes D36 (l. 7, 9), D43 (l. 8), M4 (l. 1, 3, 4) et O11 (l. 9) de la Sign-List de Gardiner, Dorman, suivi par Dziobek, propose une22 paléographie ramesside (XIXe dynastie)132.

Cependant, aucun de ces signes ne présente réellement de caractéristiques justifiant une datation à la période suggérée. La datation de la rédaction de notre texte doit donc être requestionnée à la lumière des données issues de l’analyse matérielle et textuelle du document.

Tout d’abord, les dimensions du rouleau de papyrus étant celles couramment utilisées durant l’ensemble de la période ramesside, ces données ne constituent donc pas un critère discrimant permettant d’affiner la datation de la rédaction du texte (voir supra §&nbsp;1.2).

Focalisons-nous ensuite sur les informations paléographiques. Bien que les principaux outils à notre disposition présentent certaines limites et doivent donc être maniés avec toute la prudence nécessaire133, il n’en demeure pas moins que le classement chronologique diachronique de la paléographie égyptienne réalisé par Möeller, complété depuis notamment par celui de Wimmer pour la période ramesside, reste l’instrument de référence afin de déterminer le cadre temporel plausible, plus ou moins fiable et précis, de la rédaction d’un texte.

Notre tableau paléographique du pap. Turin Cat. 1878 vo, l. 1-9 (voir Annexe 1) ne semble pas confirmer l’hypothèse émise par Dorman et Dziobek. En effet, la forme des signes gm (G28&nbsp;; l. 6), x (Aa1&nbsp;; l. 1, 6 et 8), HA.t (F4&nbsp;; l. 9), nbw (S12&nbsp;; l. 7 [1-2], 8 [1-2]) et m (G17) dans la ligature m-a (l. 3), par exemple, sont caractéristiques de la XXe dynastie, et notamment de la première moitié de cette période.

Par ailleurs, les données issues de l’approche lexicale134 tendent à corroborer cette nouvelle proposition de datation mise en évidence au moyen du critère paléographique. Par exemple, à notre connaissance et en l’état actuel des sources à notre disposition, l’expression peu fréquente Ddt jr.t (voir supra § 2, n. i) semble être attestée au plus tôt à la fin de la XIXe dynastie (règnes de Séthy II à Taousert) dans le pap. Anastasi I, 11, 4 (= pap. BM EA 10247). Elle se retrouve ensuite dans deux textes datés de la fin de la XXe&nbsp;dynastie (pap. Lansing, 3, 8 = pap. BM EA&nbsp;9994 et pap. Bankes II, 4 = pap. BM EA&nbsp;75017). Sa dernière mention apparaît à la fin de la XXVIe dynastie dans le pap. Brooklyn&nbsp;47.218.135, 5/17.

Par conséquent, nous concluons donc, d’une part, que la rédaction du papyrus n’est pas contemporaine de l’an 5 de Thoutmosis III, et d’autre part, qu’elle aurait été effectuée au cours de la première moitié de la XXe dynastie, c’est-à-dire entre les règnes de Sethnakht et Ramsès VII (1185-1123 av. J.-C. env.), soit sous l’un des vizirats suivants135&nbsp;: Hori, Heouernef, To, Neferrenpet, Nehy ou Ramsesnakht, environ 260/320 ans après la mort d’Ouseramon.

4.3. Datation de la composition originelle du texte

Puisque nous concluons à une datation ramesside de rédaction du papyrus, se pose alors la question de la datation de la composition originelle du texte inscrit sur ce document.

Les mentions de l’an 5 de Thoutmosis III et du vizir Ouseramon, constituant uniquement un terminus post quem, et la paléographie ramesside ne permettent pas d’établir plus précisément la date de la composition originelle du texte. Il peut être la copie conforme ramesside d’un document administratif réalisé à l’occasion de l’accession d’Ouseramon au vizirat et datant donc de la XVIIIe dynastie – document pouvant, du reste, lui-même avoir été réalisé selon un modèle antérieur –, ou au contraire être une création originale ramesside ravivant le souvenir d’Ouseramon, et cela à partir d’une ou plusieurs sources d’information.

C’est selon la première hypothèse que Dorman a interprété le document qui, pour lui, est une copie ramesside exacte de ce qui était originellement un document administratif contemporain de la nomination d’Ouseramon136.

Pourtant, même si une date est mentionnée sur le papyrus, plusieurs éléments remettent en question l’hypothèse qu’il soutient&nbsp;:

  • – Le contenu (la circoncision, l’emploi métaphorique de l’or et de l’argent),
  • – Le registre linguistique (le discours direct, le registre de langue parlé, le jeu de question-réponse)137,
  • – La langue (un aspect hybride mêlant néo et moyen-égyptien). Ce dernier point est d’ailleurs un élément caractéristique de certains registres littéraires du début de l’époque ramesside.

Ainsi, au vu de ces divers traits littérarisants, le texte ne peut pas être une copie ramesside exacte d’un document administratif contemporain de la nomination d’Ouseramon.23

Néanmoins, nous ne pouvons pas exclure qu’un acte administratif officiel ait pu servir de source d’information pour la rédaction de notre papyrus.

En complément, nous pouvons nous demander si les décors de la tombe d’Ouseramon (TT&nbsp;131) n’ont pas aussi servi de source d’information pour la rédaction postérieure de notre texte. Or, comme nous l’avons précédemment souligné (voir supra § 3.1 et 3.3.1), la résonance entre le contenu de la version imagée et celui de la version littéraire ne laisse que peu de doute quant à l’utilisation de la sépulture du vizir.

Le papyrus est par conséquent une création littéraire originale ramesside ayant vraisemblablement été composée à partir de plusieurs sources d’informations contemporaines d’Ouseramon, et notamment à partir d’un acte administratif relatant effectivement sa nomination, mais aujourd’hui perdu, ainsi qu’à partir de la scène de la Nomination présente dans sa tombe (TT&nbsp;131).

5. Fonction du texte&nbsp;: magnifier la postérité du vizir Ouseramon

Si nous postulons que notre texte n’est pas un document administratif, quelle est donc la véritable fonction d’une telle production littéraire, cela environ 260/320 ans après la mort d’Ouseramon138&nbsp;?

De manière générale, il existe une tradition du souvenir pour les vizirs ayant précédé l’époque ramesside. Celle-ci apparaît au sein de différentes sphères&nbsp;: postérité dans le cercle familial, hommage rendu par un subalterne dans le cadre professionnel et mémoire des grandes figures de l’Histoire.

Se pose alors la question de savoir quel vizir est une figure historique et quel autre ne l’est pas. En l’état actuel de la documentation, il reste difficile d’établir précisément l’ensemble des critères justifiant la persistance du souvenir historique pour certains, et non pour d’autres. Citons deux exemples d’évocation du souvenir de figures historiques.

Au tout début de la XIXe dynastie (règnes de Ramsès Ier et Séthy Ier), le grand prêtre du ka royal de Thoutmosis Ier, Ouserhat, affirme être le descendant du vizir Imhotep (début XVIIIe dynastie, règne de Thoutmosis Ier), dans la généalogie «&nbsp;fictive&nbsp;» représentée dans sa tombe, située dans la nécropole thébaine de Cheikh abd el-Gournah (TT&nbsp;51)139.

Le vizir Imhotep apparaît aussi sur le fragment Daressy (XIXe dynastie, daté vraisemblablement entre l’an 26 et l’an 55 du règne de Ramsès II)140 provenant d’une tombe ramesside située dans la nécropole de Saqqâra. Le document expose une sélection d’«&nbsp;hommes illustres&nbsp;», figurés et/ou mentionnés, répartis en cinq séries hiérarchiquement ordonnées, dont une série de huit vizirs (seulement cinq sont conservés), parmi lesquels figurent les vizirs Imhotep et Ousermonthou pour la XVIIIe&nbsp;dynastie.

Considérant l’importance d’Ouseramon, nous pouvons nous étonner du fait qu’il ne soit pas représenté sur le fragment Daressy, et de ce fait, nous interroger sur la postérité de ce dernier.

Toutefois, à Cheikh Abd el-Gournah, sa sépulture est une tombe double monumentale (TT&nbsp;131 et TT&nbsp;61), dont les deux entités sont respectivement situées dans la partie inférieure et supérieure la colline. En outre, la façade de la TT&nbsp;131 est à redans et la tombe était surmontée d’une pyramide, ce qui sans aucun doute signe l’importance du personnage et a contribué à faire perdurer le souvenir d’Ouseramon bien au-delà du seul règne de Thoutmosis III141.

De surcroît, l’élaboration littéraire dont a fait l’objet Ouseramon à l’époque ramesside dans notre papyrus est directement associée au souvenir du souverain sous lequel il a servi, c’est-à-dire Thoutmosis III. Les exploits militaires du roi lors de ses nombreuses campagnes menées en Syro-Palestine sont notamment relatés dans les Annales gravées sur les murs du grand temple de Karnak. La première expédition, effectuée en l’an 23 à destination de Megiddo, y est particulièrement développée et une Königsnovelle est même insérée au sein de la section correspondante à cet événement142.

Ce remarquable passé a particulièrement retenu l’attention de Ramsès II, puisque ce dernier a largement repris les éléments de la phraséologie créée pour Thoutmosis III dans ses propres monuments. De même, c’est Thoutmosis III qui est choisi lorsqu’il s’agit d’évoquer un souverain de référence dans les élaborations littéraires de l’époque ramesside, comme l’attestent le récit de La Prise de Joppé (papyrus Harris 500 = pap.&nbsp;BM EA 10060, rédigé au début de la XIXe dynastie) ainsi que celui de Thoutmosis III en Asie (pap. Turin Cat. 1940-1941, rédaction estimée au cours des XIXe-XXe dynasties)143. Par ailleurs, le prince Khâemouaset144 comme le vizir Paser –24 qui reprend, par exemple, les Devoirs du vizir dans sa tombe (TT&nbsp;106)145 –, ont eux aussi manifesté un intérêt historique marqué pour le milieu de la XVIIIe dynastie.

Or, quand au cours de la première moitié de la XXe dynastie, il est question de se remémorer un vizir au sein d’une production littéraire, le choix de recourir à celui de la première partie du règne de Thoutmosis III – et pas un autre – témoigne de la persistance du souvenir du vizir Ouseramon jusqu’à l’époque ramesside. De même que Thoutmosis III est perçu comme un souverain de référence, Ouseramon est le vizir retenu afin d’être relié à cet inoubliable passé. De plus, le choix d’associer cette élaboration littéraire à l’Hymne à Hâpi n’est peut-être pas uniquement dû au hasard, eu égard au fait que l’hymne semble avoir été créé au début de la XVIIIe dynastie146.

La Nomination du vizir Ouseramon consignée sur ce papyrus relève donc des textes qui ont transcendé les faits historiques. Ceux-ci deviennent alors des éléments constitutifs d’oeuvres fictionnelles puisant dans un répertoire de références historiques et culturelles communes connues et sans cesse réadaptées147.

La mise en scène de la nomination du vizir Ouseramon relatée au verso du pap. Turin Cat. 1878 est donc une élaboration littéraire ramesside, au contenu original (circoncision, métaphore or/argent) et sans exemple analogue direct, s’inscrivant, de manière plus générale, dans le mouvement ramesside du «&nbsp;rapport au passé&nbsp;» selon l’expression employée par Assmann148. Cette création, associée au glorieux règne de Thoutmosis III et centrée sur son vizir, s’inspire essentiellement de sources d’information contemporaines (acte administratif officiel et TT&nbsp;131), et constitue un témoin majeur de l’importance d’Ouseramon dans l’histoire de son pays et du vizirat.

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Pap. CGT 54018 ro. Image numérisée : Museo Egizio. Remontage final de l’auteur.

Pap. CGT 54018 vo. Image numérisée : Museo Egizio. Remontage final de l’auteur.

Pap. CGT 54018 ro, cartographie de la répartition du texte. Image numérisée : Museo Egizio. Remontage final de l’auteur.

Pap. CGT 54018 vo, cartographie de la répartition des textes. Image numérisée : Museo Egizio. Remontage final de l’auteur.

Annexe : Paléographie du Papyrus Turin cat. 1878 vo , l. 1-9

Annexe 1

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Paléographie du Papyrus Turin cat. 1878 vo , l. 1-9